
Maudite chansonnette de country
À soir, j’ai pas la bière triste
J’ai pas de vieilles histoires de St-Tite
C’est juste qu’avec le temps
Je m’enfonce plus loin, toutte seul, au bout de mon rang
Avant, me semble que toutte ’tait mieux
Quand je pouvais me fondre, mollo, au creux de tes yeux
Astheure, au cœur de la nuite
Je rêve en pleurs que t’es là dans mon litte
C’t’encore une maudite chansonnette de country
Mais celle-là je l’ai écrite pour toi pis moi
Ça parle pas de bottes de cowboys, ni de lasso
C’est en souvenir de notre dernier rodéo
Pis là, je sais ben, ben trop, dans le fond
Va falloir que je mette du gaz dans mon camion
Après, j’irai en ville faire un tour
Histoire de chasser les images de mon seul amour
Je ferai jouir la même bonne vieille cassette
Tsé le nouveau mix-tape que je t’avais faite
Pour ça, j’ai jamais eu de merci
Parce qu’en rentrant à maison, t’étais partie
C’t’encore une maudite chansonnette de country
Mais celle-là je l’ai écrite pour toi pis moi
Ça parle pas de bottes de cowboys, ni de lasso
C’est en souvenir de notre dernier rodéo… solo!
(Solo)
Je me raconterai surtout pas de chouennes
J’étais juste un fermier à p’tite semaine
Mais là, sans joual pour faire la job
Je noye de mes larmes touttes les comptoirs de pub
Demain, un jour, quand je serai pus saoul
P’t’être que mon cœur connaîtra un redoux
En attendant d’être rendu là
Ma tête compose c’te joli brouhaha
C’t’encore une maudite chansonnette de country
Mais celle-là je l’ai écrite pour toi pis moi
Oui ça parle de mes vieilles bottes pis de mon lasso
C’est en souvenir de toi ma belle Tornado!
Le camp à Woody
J’suis… Forgé à même la langue de bois, la langue du cœur
Des coureurs, des chasseurs, pis des trappeurs du Grand Nord
La langue qui tient l’fusil, qui pleume sept-huit perdrix
Fais ça les yeux fermés pour la fondue du souper
Une langue qui parle pas trop, mais qui sait câller gros
Comme un ostie d’vieux buck bandé dur comme le roc
De ceuze qui prennent le bois avec à boire pour un mois
Qu’après trois jours, r’descendent à barrière parce qu’y a pus d’bière
La langue de celui qui veut juste qu’on y sacre patience
Qu’on y crisse la paix une fois d’temps en temps
Tsé c’pas si compliqué astheure que j’y pense
J’suis dû pour r’monter au camp à Woody
Moé pis tu seul pis mes quatre murs, j’pourrais ben dire j’trouve pas ça dur
La tête peuplée de mille montagnes, de lacs, de forêts, pis de sphaignes
Mes bottes vont pas su’ l’asphalte, quand j’marche en ville j’dérape
Si l’blues me sacre une bonne taloche, j’comble la distance a’ec ben du scotch
Kek chose comme une grand place qui est suspendue dans l’temps
Un vieux chalet d’gardien qui m’empoisonne le sang
Pendant le reste d’l’année, j’fais rien que d’y penser
Mon stock est toujours prêt pour r’monter au camp à Woody
Ah! J’déménagerais su’a côte, drette au bord du lac Cœur
Le murmure d’un ruisseau, mélodie du bonheur
Pis quand Octobre arrive, dans l’air pluvieux d’l’automne
Les mains en cornet… écoute comment… je m’époumone…
(Solo)
Beau génie trempé dans le sirop d’la coulée de c’t’année
Je noye dans la job mes grands rêves boisés
Au moins mes chansons un instant me transportent là-bas
Pis j’vas les chanter jusqu’à en perdre la voix
La voix de celui qui veut juste qu’on y sacre patience
Qu’on y crisse la paix une fois d’temps en temps
Tsé, c’pas si compliqué astheure que j’y pense
J’suis dû pour r’monter au camp à Woody
Moé pis tu seul pis mes quatre murs, j’pourrais ben dire j’trouve pas ça dur
La tête peuplée de mille montagnes, de lacs, de forêts, pis de sphaignes
Des bottes, ça va pas su’ l’asphalte, j’ferais l’chemin à pied jusqu’à l’Étape
Pas mêlant, quand j’arrive au Lac, j’pense rien que monter au 54
Trocs de pêche
J’échangerais ma guitare pour un sonar
Une quinte de ma voix pour une Sainte-Croix
Toutes mes pédales d’effet pour un bon moulinet
J’dompe drette-là ma douze cordes pour que ça morde
Je préfère les casses lignes à ’a mandoline
Je sauterais vite un jam pour m’acheter une rame
J’te confirme que ça pêche pas fort fort au jack ¼
J’dompe drette-là ma douze cordes pour que ça morde
(Refrain)
Ce que j’ferais pas pour une 15 pieds
J’renierais pas le goût du gaz mixé
J’cracherais même pas dans un lac ensemencé
J’vis la saison d’la pêche à l’année
Pas besoin de Les Paul, moi j’ai mes trôles
J’vendrais ma Fender pour une boîte de vers
Un gros Marshall à lampes, ça vaut pas une bonne ancre
J’dompe drette-là ma douze cordes pour que ça morde
Mon p’tit ampli Traynor pour un trailer
Ma bonne vieille guit classique pour un bécyk
J’te troque là mon micro contre un Mister Minnow
J’dompe drette-là ma douze cordes pour que ça morde
(Refrain)
Ah, ce que j’ferais pas pour une 15 pieds
J’renierais pas le goût du gaz mixé
J’cracherais même pas dans un lac ensemencé
J’vis la saison d’la pêche à l’année
(Solo)
(Refrain)
Ah! Ce que j’ferais pas pour une 15 pieds
J’renierais pas le goût du gaz mixé
J’cracherais même pas dans un lac ensemencé
J’vis la saison d’la pêche à l’année
(Couplet de sortie – version longue)
J’échangerais ma guitare pour un sonar
Une quinte de ma voix pour une Sainte-Croix
Toutes mes pédales d’effet pour un bon moulinet
Mais j’garderai ma Boucher tant que j’pourrai jouer
Tableaux de chasse
Le barbotis d’une truite et l’éphémère à fleur d’eau
Le crépitement des frites en train d’chauffer l’gazebo
La douce brise du matin qui souffle le pilote du frigo
Le feu d’hier presqu’éteint achève de brûler nos mégots…
(Refrain)
Oooooh oooh… Sapins, mélèzes et nids d’perdreaux…
Oooooh oooh… Enveloppent le camp tel un cadeau…
Le jeu de washers qu’on lance qui fait ben de l’écho
En prenant de la bière, ça attire les orignaux
Haut dans les nuages : une symphonie de cris d’oiseaux
Une autre volée d’outardes prend la route de Mexico…
(Refrain)
Oooooh oooh… Mille épinettes pis quelques bouleaux…
Oooooh oooh… C’est pas pour rien qu’y a du brûlot…
(Solo)
Un joli coup de croquet joué sur l’kiss de l’arceau
Dins parties qu’on s’fait quand pour la chasse fait trop chaud
Ces doux cantiques qu’on entonne les soirs où l’vin coule à flots
Le lendemain ça sent l’fond d’tonne, mais on redécolle à l’apéro…
(Refrain)
Oooooh oooh… Mûre forêt mixte, lacs et ruisseaux…
Oooooh oooh… Peignent pour les yeux tout un tableau…
La joie tranquille de Saint-Denys Garneau
Droit et serein comme un bouleau jaune
Froid et profond comme un pin blanc
Heureux comme une branche de sapin sans baume
Hector jette son âme à l’eau… chancelant
(Refrain)
Il laisse pour testament… une partition disant :
« Je chante la joie à côté de moi
J’entends ma joie qui glisse à côté de moi
Et ma chanson étrangère prend l’chemin d’l’étagère »
Triste et blessé dans sa mémoire
Il vagabonde à l’aube de l’oiseau
Le désenchantement et l’ennui… des nénuphars
Emprisonnent cœur et douleur… pianissimo
(Refrain)
Il laisse pour testament… une partition disant :
« Je chante la joie à côté de moi
J’entends ma joie qui glisse à côté de moi
Et ma chanson étrangère prend l’chemin d’l’étagère »
(Solo)
Les longs étés sous les rameaux
Mille rêves muets inassouvis
Dans l’air flottent les pleurs de Fossambault
Hector touche le fond du canot puis s’évanouit
(Refrain)
Il laisse pour testament… une partition disant :
« Je chante la joie à côté de moi
J’entends ma joie qui glisse à côté de moi
Et ma chanson étrangère prend l’chemin d’l’étagère »
Cupidon chasse pas à la carabine
J’me demande encore comment on a pu se rendre jusque là
À rider sur les hauts, pis à s’effrayer dins bas
Notre vie à deux, comme un canot sur la Péribonka
J’garde le cap dins rapides pendant que t’écopes nos tracas
Tous nos baisers volés jadis comme autant de voyages
Une sorte de tour du monde tiré à notre image
On s’nourrit à p’tit feu du temps et ses branchages
On panse nos blessures d’hiver à même notre ravage
(Refrain)
Une maudite chance que Cupidon chasse pas à carabine
Parce qu’il aurait peinturé en rouge la chambre de mon p’tit cœur
Pour le garder intact, j’trempe notre amour dans paraffine
Chaque jour goûte notre bonheur
On a portagé nos boîtes d’histoires de lacs en rivières
Une tendresse qui nous réchauffe même dins plus longs hivers
Quand je m’égare à l’orée de ta luxuriante crinière
Le feu s’embrase comme en une sauvage sapinière
(Refrain)
Une maudite chance que Cupidon chasse pas à carabine
Parce qu’il aurait peinturé en rouge la chambre de mon p’tit cœur
Pour le garder intact, j’trempe notre amour dans paraffine
Chaque jour goûte notre bonheur
(Solo)
On s’est promis d’être là dans l’meilleur comme dans le pire
Encore hier tu me piégeais dans ta trappe à sourires
Nos p’tites folies, nos grands élans, nos ébats, nos désirs
Ensemble, toujours, on vogue de souvenirs en soupirs
(Refrain)
Une maudite chance que Cupidon chasse pas à carabine
Parce qu’il aurait peinturé en rouge la chambre de mon p’tit cœur
J’ai emballé des miettes d’amour dans une étamine
En guise d’en-cas pour les jours de grande noirceur
Une maudite chance que Cupidon chasse pas à carabine
Parce qu’il aurait peinturé en rouge la chambre de mon p’tit cœur
Pour le garder intact, j’trempe notre amour dans paraffine
Chaque jour goûte notre bonheur…
Lac-Bouchette
Tu parles d’une idée, toé chose
Pour notre tournée des grands ducs
D’alimenter notre cirrhose
En nous montant par La Tuque
Par la 155
À chaque bar d’village on trinque
C’est ça la règle du jeu
Un quart d’heure max par pinte
Comme le faisaient nos aïeuls
Sur la 169
La légende raconte qu’un soir
En r’venant de Shawi
Jos Gagnon parti sua foire
A composé une mélodie
Qui allait à peu près comme suit
(Refrain)
On est à Lac-Bouchette : débouche-nous une ’tite frette
À Saint-François-de-Sales : 1, 2, 3, go, on cale
Pis une fois à Chambord : on pétera pas yinque des scores
Mon grand-père qui aimait l’fun
Dans un LeSabre 68
Roulait a’ec deux, trois d’ses chums
Comme des yâbles dans l’eau bénite
En direction d’Roberval
Avec mon air triomphal
Moi je r’pars lentement de Grandes-Piles
Dans mon vieux Buick Regal
Les gars s’humectent les papilles
En beuglant c’te refrain
(Refrain)
On est à Lac-Bouchette : débouche-nous une ’tite frette
À Saint-François-de-Sales : 1, 2, 3, go, on cale
Mais attention à c’rythme-là, w’est pas rendus à Alma
J’avoue être resté ben bête
Passant rivière Bostonnais
La broue doit m’monter à tête
J’ai raté mon arrêt (Shit!)
Prochain stop dans une heure
Les vieux roulaient dans noirceur
Sortant à peine de Desbiens
Ils crient en chœur au chauffeur
« Heille! Ramène-nous dans l’chemin! »
Y ont fini ’es quatre roues dans l’eau
(Refrain)
On est à Lac-Bouchette : débouche-nous une ’tite frette
À Saint-François-de-Sales : 1, 2, 3, go, on cale
Une fois à Saint-Nazaire, j’pense que j’vas avoir besoin d’air
Après y a un grand boutte sec
Entre la Maurice pis le Lac
Maudite forêt d’épinettes
Simard t’en tabarnak
Un vrai tonneau sans fond
Bill Boudreault qui trouve ça long
Allume un bat en arrière
Moi j’roule la pédale au fond
Reste juste l’eau dans glacière
L’gros Bouchard qui r’prend vie (pis qui s’met à chanter…)
(Refrain)
On est à Lac-Bouchette : débouche-nous une ’tite frette
À Saint-François-d’Sales : 1, 2, 3, go, on cale
Pis à Saint-Cœur-de-Marie, ben c’est là qu’j’me suis endormi…
(Sortie)
… Dans ’a rivière aux Harts
Le char a filé mal sale
On a passé proche être morts
Pis ça a fini dans l’journal
